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Album : Mon Critérium et un Carnet

Année : 2019


Seigneur Jésus c’est encore moi, cette fois j’appelle au secours

Nombreux sont les pièges, nombreux sont les très beaux discours

Autour de moi tout l’monde parle en même temps et m’offre ses conseils

Ils ont rempli mon dossier, les tiens ont fini en corbeille

J’éprouve de la honte, l’affront est assez gros

Nos proches agonisent et nous on leur injecte des dictons placebo

Ces mots consolent mais toi seul vaccines

Et parfois même dans nos églises on se contente de quelques douces maximes

Tu d’viens une option, une voie parmi tant d’voies

Les gens sont gênés quand ils voient qu’on parle encore d’la croix

On sait qu’il faut avoir la foi mais on n’sait plus en quoi

À croire qu’il ne faut plus croire en toi mais surtout croire en soi

C’est sur la comm et l’marketing qu’on s’est concentrés

Pour attirer la foule, prêt à tout, même à te décentrer

Et sans scrupule on tend à édulcorer l’essentiel

On n’met plus l’accent sur la grâce mais sur notre potentiel

On oublie qu’on est pourri d’l’intérieur

Pourquoi l’pasteur ne parle plus d’disciples mais parle que d’leaders

Pourquoi le thème de l’enfer est passé en bas d’liste

Et pourquoi sert-on le dimanche du p’tit lait positiviste

Tu vois j’ai honte, car ce n’est plus toi mais moi qui donnes le sens

Et j’parle comme si on trouvait l’salut dans la bien-pensance

Il faut des phrases de philosophes pour qu’on réponde Amen !

On fait l’éloge de la sagesse humaine

On sort des formules un peu passe-partout

On la joue lisse parce que ta parole froisse tout

Alors on dit “Du moment qu’il est heureux,

Du moment qu’il est en paix avec lui-même”

Mais ça n’règle pas l’problème

Toi t’es venu pour régler le problème de fond

Et mettre la lumière sur la misère de notre condition

Mais ça, ça gêne et ça fait mauvaise impression

Donc en jouant les ptits médecins on passe à côté d’la vraie guérison


J’ai entendu dire qu’une bonne carrière pleine de succès, c’est ça qu’on méritait

J’ai bien ri, car ils ont limité ton oeuvre à la prospérité

Alors que même la prison peut faire partie d’ton plan

Demande à Paul si lui voyait le confort et l’argent ?

Était-il maudit, banni, puni, repris ? Oh nan il était dans les grands projets que t’avais formés pour lui

On dessine nos chemins, on prie chaque semaine

Mais notre définition d’la réussite n’est peut-être pas la tienne

Regarde on culpabilise, maintenant la bénédiction

Est une devise qu’on mesure et qu’on comptabilise

Faut être des champions, des rois et des reines avec du style

Et si t’as pas tout ça c’est qu’t’es pas consacré disent-ils

J’connais des jeunes qui n’t’écoutent pas mais qui pourtant osent

Te demander “Père, fais-moi vivre de grandes choses”

L’ambition que j’lis maintenant sur toutes les lèvres

C’n’est plus d’être plus fidèle mais c’est d’entrer dans son rêve

Pardonne-nous, on carbure au miracle

Toujours plus de surnaturel, de mystique, de spectacle

Du sensationnel qui en met plein la vue

Est-ce que ton miracle de résurrection ne nous suffirait plus ?

On est dans l’déni on oublie c’qu’est dans nos gènes

On nous dit “Pense pas au péché, oublie ça, ça t’freine,

Faut pas t’limiter, vois grand et prends l’devant d’la scène” N’était-ce pas le discours du serpent dans le jardin d’’Eden ?

Mes larmes coulent, mal au coeur et bien mal à ma foi

J’me fonds dans l’moule pour éviter d’passer pour l’rabat-joie

C’est l’abattoir, si je m’oppose à leur éthique

Je dois prendre position mais j’ai peur de passer pour l’fanatique

Seigneur fais que j’recherche ce que ton coeur désire

Que j’me souvienne que si j’suis là c’est surtout pour servir

Fais qu’on obéisse et qu’on réapprenne à se soumettre

Et qu’on se souvienne à jamais que c’est toi le seul maître


Viens sur mes pages, mes lignes et quelques lettres Oindre les images que ma plume interprète

Tiens cet ouvrage qui vient du fond d’mon être

Que ton message atteigne leurs fenêtres Mon Dieu, viens...

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