Tout à ton honneur

Mis à jour : 22 janv 2019


Père,

Quand je vois l’oeuvre de tes mains

L’océan et le sable fin

Oh quelle grandeur

Ouh, Père,

Les lignes et couleurs

Des étendues peuplées de fleurs

C’est tout à ton honneur


C’est le jogging du matin Je souffle dans l’temps je suis méthodique À droite, gauche, des rangées de sapins Petite foulée mais course tonique Un-deux, réspiration Éliminons les toxines et gonflons les poumons Rigueur et discipline, j’en ai fait mon carburant J’me laisse pas décourager par les autres plus endurants Pendant que j’trottine, j’me régale du paysage devant moi Celui que l’artiste là-haut dessine Celui qui colorie ces fleurs et ces bois Celui qui me donne le souffle, qui coordonne le tout Qui forme, compose et controle le tout Entouré de tes merveilles, je manque de superlatif Alors je cours, contemplatif


Père,

Les vents les pluies et les tempêtes

L’immensité de ta palette

Oh quelle grandeur

Père,

Les formes les sons les saveurs

Des insectes jusqu’aux prédateurs

C’est tout à ton honneur


Les phalanges sur l’volant et l’pied qui fait chauffer l’moteur L’autoroute est fluide, les voies sont vides, J’évite le trafic, c’est pour ça qu’j’me suis levé d’bonne heure J’en profite et baisse les vitres, monte le volume

Coude sur la portière, l’esprit léger comme une plume J’passe la cinquième et j’atteins c’moment clé Celui où mon visage est caressé par le vent frais

Concentré mais distrait, j’conduis l’oeil sur la route Et l’autre oeil sur les belles feuilles, sur la verdure

Et ses couleurs pures En matière d’oeuvre d’art, la nature est ma valeur sûre Les collines, les lacs, les reflets, les ombres Les nuages et les oiseaux qui voyagent en nombre

Entouré de tes merveilles, je manque de superlatif Alors j’avance contemplatif


Père,

Les montagnes et les étoiles

L’aurore qui se dévoile

Je vois ta grandeur

Ouh Père,

Sommets et profondeurs

Et les battements de nos coeurs

Sont tout à ton honneur


Fin de l’embarquement

J’ai la ceinture bouclée, la valise dans son compartiment L’hôtesse devant fait les derniers ajustements Quand moi j’demande si le départ est imminent

J’entends l’commandant faire l’annonce Le gosse devant demande “C’est quand que l’avion fonce ?” Tablettes relevées, on est prêts

Trois, deux, un, OK On prend d’la vitesse et le bruit s’amplifie La ville paraît plus futile vue d’ici Y’a tout qui défile vite, tout rétrécit Le décor devient de plus en plus imprécis Je sens monter l’adrénaline et mon voisin fait pâle mine

Et tout d’un coup tout s’anime

Aux quatre côtés du bolide

Et les roues ne touchent plus l’sol

Ça y’est petit l’avion décolle et prend son envol Et moi je m’isole

Et je plane, à survoler les platanes Je redessine les montagnes avec mes yeux Et je m’enivre du bleu des cieux Du haut j’vois la terre que t’as faite La mer que t’as faite, ce vert qui reflète ton oeuvre parfaite

Mon Dieu quel artiste, je manque de superlatif Alors je m’envole, contemplatif

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